Passer du groupe à l’équipe

passer du groupe à l'équipe

passer du groupe à l'équipe

 

Les événements actuels me poussent à parler de l’état d’esprit d’équipe. Ce terme est relayé par la presse depuis plusieurs semaines sans que l’on en connaisse réellement sa définition.

 

Passer du groupe à l'équipe

 

Quels sont les ingrédients d’un bon état d’esprit d’équipe ?

 

L’identité. Elle est composée du contexte actuel (les résultats, la dynamique), de l’histoire de l’équipe : les grandes victoires et les personnes qui ont marqué l’institution, la culture (philosophie de jeu, logo, couleurs du maillot), les changements internes (toutes les évolutions de l’institution). Cette identité est souvent appelée « l’âme ». Elle se construit avec le temps, sur le terrain comme en dehors.

 

La cohésion sociale. C’est la fameuse troisième mi-temps, les sorties extra-sportives, la vie du groupe en dehors du terrain. Cette cohésion sociale est un formidable moteur d’intégration pour les nouveaux et vient renforcer le sentiment d’appartenance. Le système des compétitions, amateur comme professionnel, favorise également cette cohésion, avec les championnats et la participation active des médias. Ce sentiment d’appartenance au groupe participe à l’identité sociale du joueur. Ce phénomène est notamment visible dans le football en Europe et dans le Basketball aux Etats-Unis.

 

Passer du groupe à l'équipe - Messi FCB

 

La cohésion opératoire. C’est une conséquence de la cohésion sociale, transposée sur le terrain :

Le rôle sportif de chacun dans l’équipe (titulaire, remplaçant)

Le « rôle humain » (leader, suiveur)

Les compétences (défenseurs, buteurs, capitaine, etc…)

Les objectifs personnels (meilleur passeur de la compétition, meilleur buteur,
titulaire incontournable, etc…). Cette transition : cohésion sociale -> cohésion opératoire est pour moi l’une des étapes les plus difficiles dans la construction d’une équipe. Elle requiert de l’entraîneur une connaissance parfaite de son groupe et une relation entraîneur – joueurs adaptée et personnalisée. Cette cohésion opératoire c’est cette « alchimie » que vous soulignez lorsque vous remarquez un collectif parfaitement huilé sur le terrain. Vous avez ce sentiment que les joueurs jouent les uns pour les autres et que chacun respecte les consignes.

La connaissance des compétences de chacun. Elle permet à chaque joueur de trouver sa place et son rôle au sein du groupe. Sur le terrain, elle permet de mettre le partenaire dans les meilleures conditions possibles en jouant avec ses points forts. Cette connaissance développe la solidarité.

 

« Les performances individuelles, ce n’est pas le plus important. On gagne et on perd en équipe » Zinedine Zidane

 

Les objectifs collectifs et individuels. La première question qui vous vient à l’esprit est sûrement : « Comment faire avec des joueurs aux égos surdimensionnés ? » . A ce stade, le rôle de l’entraîneur est de faire corréler les objectifs de chacun vers un but collectif ! Un sport collectif c’est en partie une gestion individuelle au service d’une performance collective.

La gestion de la longueur de la compétition. La fameuse rotation mise en place par les entraîneurs lorsque les matchs s’enchaînent et qu’ils souhaitent maintenir un état de fraîcheur mentale et physique. Cette rotation permet à d’autres joueurs d’obtenir du temps de jeu et de renforcer la cohésion opératoire. Elle joue un rôle primordial sur la motivation.

La communication collective et individuelle. La relation entraîneur- joueur. Chaque entraîneur possède sa méthode (Onesta, Seirul-lo, Noah, Ferguson, Phil Jackson …) mais tous ont compris l’importance de l’individualisation au service de la performance collective. C’est une des clés pour gérer les différences au sein d’un vestiaire. Une communication collective et individuelle adaptée permet de faire des différences du groupe : une force.

 

Passer du groupe à l'équipe

 

La gestion des relations entre les membres du groupes. Partie intégrante du lien entre la cohésion sociale et la cohésion opératoire, ces relations vont dépendre de la taille du groupe. En effet il est prouvé qu’un petit groupe (inférieurs à 5 membres) et qu’un grand groupe (supérieurs à 12) possèdent plus d’obstacles à une cohésion. Le peu de personne réduit la variété des interactions. Au contraire, un trop grand nombre de personnes peut rendre un accord plus difficile entre tous les membres (objectifs personnels et collectifs), diminuer la participation de certains (manque de temps de jeu), et ainsi créer des sous-groupes. Sont-ils nocifs à la performance ? C’est un autre débat…

 

Lorsque tous ces composants se rejoignent, nous passons alors du groupe à l’équipe.

 

« Se réunir est un début, rester ensemble est un progrès, travailler ensemble est la réussite » Henry Ford